Les commentaires des citoyens ayant participé au sondage d’opinion réalisé par notre journal concernant les changements survenus dan la province de Chtouka Ait Baha depuis la nomination du Gouverneur, M. Mohamed Salem Essabti, révèlent un large consensus autour des qualités personnelles et professionnelles du nouveau responsable territorial. En contrepartie, ce tableau positif est nuancé par la persistance de plusieurs dossiers socio-économiques et de développement en suspens, qui attendent toujours des solutions concrètes sur le terrain
La majorité des interventions ont salué de manière évidente la méthode de travail du nouveau Gouverneur. De nombreux participants l’ont décrit comme un homme de terrain « humble », « proche des citoyens » et un véritable « homme d’État ». Ils ont souligné qu’il avait réussi, en peu de temps, à relancer plusieurs projets bloqués depuis des années, louant sa présence continue sur le terrain et son interaction directe avec les doléances de la population
Cette approche s’est concrétisée par un nouveau souffle insufflé au système de santé local, à travers l’inauguration de dispensaires ruraux de premier niveau pour rapprocher les soins essentiels (tels que ceux de Benkmoud et d’Ait Mimoun à Sidi Bibi, ainsi que d’Adouz et d’Aghrisen à Oued Sfa). De plus, des projets stratégiques tant attendus ont été concrétisés, à l’instar du complexe culturel « Raïs Saïd Chtouk » à Biougra, du lancement des travaux de la piscine municipale d’Ait Baha, sans oublier la dynamique de désenclavement via les projets du Fonds de Développement Rural (FDR), la protection des forêts d’arganiers et l’organisation des saisons de l’« Agdal »
À l’inverse, les commentaires ont mis en lumière un ensemble de priorités qui, selon les habitants, doivent figurer en tête de l’agenda de développement de la province au cours de la prochaine étape
L’eau et l’assainissement au sommet des revendications
La crise de l’eau potable s’est imposée comme l’un des sujets les plus récurrents dans les réactions des citoyens, en particulier dans les communes d’Ait Amira, de Massa et dans plusieurs douars ruraux qui souffrent encore de coupures fréquentes ou d’une faiblesse d’approvisionnement
Les participants ont également réclamé l’accélération des projets d’assainissement liquide et des réseaux d’eaux usées, estimant que le fait que certains centres et douars soient encore privés de ces services de base en 2026 n’est plus acceptable
L’urbanisme et la construction : le dossier le plus urgent
Le secteur de l’urbanisme a occupé une place prépondérante dans les observations des citoyens. Nombreux sont ceux qui se sont plaints du blocage des permis de construire, du retard dans la publication des plans de restructuration et de la régularisation de la situation foncière. Ces restrictions se font particulièrement ressentir dans les communes de plaine, soumises à une forte pression démographique
Par ailleurs, plusieurs intervenants ont appelé à accélérer le traitement du dossier des terres collectives (Soulaliyates) à Ait Amira et Sidi Bibi, et à lancer les opérations d’immatriculation au profit des ayants droit, y voyant une passerelle essentielle pour relancer l’investissement, le bâtiment et l’emploi. Certains participants ont d’ailleurs lié la stagnation du secteur de la construction à la hausse du chômage, affirmant que le blocage des autorisations impacte négativement des centaines d’artisans et de professionnels du bâtiment et des travaux publics
Libération du domaine public et contrôle des marchés : entre la rigueur de Biougra et le chaos des autres communes
Parmi les points saillants soulevés par les participants figure le dossier de la libération du domaine public et du contrôle de la qualité des produits alimentaires. Les citoyens ont exprimé leur grande satisfaction quant aux récentes campagnes menées par le nouveau caïd du premier arrondissement de la ville de Biougra, M. Saif Al-Islam Jebhaoui, saluant le sérieux et la fermeté dont il a fait preuve pour rétablir l’ordre sur la voie publique et protéger la santé des consommateurs
Cependant, le sondage a mis en évidence un contraste saisissant : les participants estiment que ces efforts sont restés concentrés et limités au centre-ville de Biougra. En revanche, quiconque visite les autres zones et communes de la province est confronté au spectacle quotidien de l’anarchie : des artères principales entièrement envahies par les marchands ambulants, situation aggravée par les commerçants eux-mêmes qui s’approprient illégalement les trottoirs et l’espace public. Cela impose aux autorités provinciales le défi de généraliser ces campagnes à l’ensemble des centres vitaux de la province afin de faire respecter la loi
Routes, désenclavement et transport public
Les commentaires ont réaffirmé que la mise à niveau des routes et des pistes rurales demeure l’une des attentes majeures de la population, en particulier dans les zones rurales et les douars reculés, malgré les efforts déjà déployés
La demande de création de lignes de transport public reliant les différentes communes de la province aux villes voisines a également été réitérée. Les citoyens ont notamment souligné le besoin de nouvelles lignes entre Belfaa et Ait Amira, ainsi que l’amélioration des liaisons avec Agadir, Inezgane et Ait Melloul, tout en appelant à trouver des solutions aux congestions routières que connaissent les axes principaux de la province
Santé, éducation et emploi
Malgré les efforts consentis pour renforcer les services de santé de proximité, de nombreux avis ont insisté sur la nécessité de mettre à niveau l’hôpital provincial de Biougra. Les habitants réclament l’affectation de davantage de médecins, de cadres médicaux spécialisés et d’équipements biomédicaux, afin d’éviter aux usagers d’avoir à se déplacer vers les hôpitaux d’Inezgane et d’Agadir
La création d’un pôle universitaire au sein de la province s’est également dégagée comme une revendication forte, parallèlement au soutien de la jeunesse à travers l’aménagement de terrains de proximité, d’espaces sportifs, de piscines et de maisons de jeunes, dans le prolongement des programmes de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH). Sur le plan économique, l’accent a été mis sur la création d’opportunités d’emploi et l’encouragement de l’investissement, notamment dans la zone industrielle de Sidi Bibi, en accordant la priorité aux jeunes de la province. Des interrogations ont également émergé quant au sort des grands projets en souffrance, tel que le projet stratégique de la Bourse des Primeurs
Environnement, salubrité et tourisme
La gestion des déchets, des décharges publiques et de la propreté a également occupé une place centrale dans ce sondage. Plusieurs citoyens ont exprimé leur mécontentement face à la prolifération des déchets dans certaines communes et centres, réclamant l’accélération de la mise en service du Centre Provincial d’Enfouissement et de Valorisation des Déchets pour mettre fin à leur calvaire. Parallèlement, les habitants ont demandé l’application de lois fermes pour clore le dossier récurrent des éleveurs nomades et de leurs intrusions sur les propriétés privées et le couvert végétal
Sur le plan touristique, les participants ont appelé à valoriser le potentiel de la province en mettant à niveau la plage de Tifnit ainsi que les autres plages, en encourageant l’investissement touristique balnéaire et rural, et en exploitant les immenses atouts naturels de la région
Un premier bilan positif face à des attentes colossales
Dans l’ensemble, les résultats de ce sondage reflètent une évaluation positive de l’action du Gouverneur Mohamed Salem Essabti en matière de communication, de présence sur le terrain et de relance de projets à l’arrêt. Toutefois, les commentaires révèlent simultanément l’ampleur des défis de développement et des dossiers brûlants qui persistent dans la province de Chtouka Ait Baha
L’eau, l’assainissement liquide, l’urbanisme, les terres collectives, le transport, la santé, l’emploi, la salubrité et la libération du domaine public constituent les principaux chantiers sur lesquels les citoyens jugeront la réussite de la prochaine étape. Le progrès dépendra de l’audace avec laquelle ces dossiers seront traités dans les années à venir, à travers une coordination étroite entre l’autorité provinciale, les conseils élus et les départements ministériels concernés















